Articles

Folie des Glandeurs (La)

Il n’y a pas à dire : les Allemands sont les maîtres de l’industrie européenne, et parviennent quand même à nous donner des leçons d’écologie. Prenez Reiner Knizia par exemple, le plus prolifique auteur de jeux de société de toute la Germanie (voire même du monde entier) : il a beau produire plusieurs nouveaux jeux par an, il lui arrive également de vouloir jouer la carte de l’éco-citoyenneté en recyclant une de ses vieilles productions. Et justement, en fouillant dans ses cartons, Knizia est retombé sur Slam Dunk, sorti il y a une dizaine d’année. Après l’avoir épousseté et débarrassé de ses allusions à Homer Simpson et ses beignets, Knizia nous le représente sous un nouveau packaging – et un nouveau thème : la glandouille au boulot. Bon, la glandouille, ce n’est pas vraiment une valeur typiquement allemande, mais en bon entrepreneur, Knizia a certainement visé d’entrée de jeu le marché international.

Or donc, comment joue-t-on ? C’est simple. Dans la boite, un gros paquet de cartes, illustrées de scènes classiques de tirage au flanc dignes de Caméra Café. Chaque carte dispose d’une valeur (positive ou négative) et arbore également un ou deux trombones. Le premier joueur attrape le talon et retourne les cartes, les unes après les autres, devant les autres joueurs. Dès que l’un d’eux veut récupérer les cartes déjà jouées, il abat sa main sur la pile. Ce joueur devient alors le nouveau donneur, et la partie continue jusqu’à ce que tous les joueurs aient trois piles de cartes devant eux. On compte alors les points pour déterminer qui est le plus grand glandeur.

Pour compter ses points, chaque joueur doit simplement faire la somme des valeurs des cartes qu’il a récupérées, en sachant que les cartes portant deux trombones ne valent des points que si on les possède en double. A cela viennent s’ajouter quelques cartes spéciales, comme la Sieste ou l’Employé du Mois. Une fois le glandeur du mois élu, on commence une nouvelle manche, la partie s’arrêtant dès qu’un joueur a gagné deux manches.

Malgré son thème, ce jeu demande donc de la réactivité, de la mémoire et des réflexes. Et aussi (comme Jungle Speed) des mains particulièrement robustes, les écrasages de doigts étant particulièrement fréquents.

Jungle Speed

Limez vos ongles, faites craquer vos articulations, éloignez tout objet fragile et/ou de valeur de la pièce (jouez de préférence loin des fenêtres ou des miroirs), vous pouvez sortir le Jungle Speed, il va y avoir su sport !

Le fonctionnement de ce jeu est simplissime : chaque joueur tient une pile de cartes face cachée. Chaque joueur, à tour de rôle, retourne devant lui une carte de façon à en prendre connaissance en même temps que les autres joueurs. Si la forme présente sur la carte que vous avez posée est la même que celle d’un autre joueur vous devez vous saisir du totem posé au centre de la table (à égale distance de chaque joueur) avant lui. Le plus rapide donne ses cartes à l’autre (ou aux autres) joueur(s) concerné(s).

Des cartes spéciales sont là pour varier le jeu et désorienter les joueurs : une carte «flèches couleurs » pour jouer avec les couleurs au lieu des formes le temps d’un tour, une carte « flèches intérieur » qui indique que tous les joueurs doivent tenter d’attraper de totem, et une carte « flèches extérieur » pour que tous les joueurs posent leur carte en même temps (cette carte est diabolique lorsque les joueurs sont nombreux).

Bref, un jeu d’observation et de rapidité qui fera appel à votre sang froid mais aussi à votre sens du bluff, une arme qui peut s’avérer utile pour déstabiliser vos adversaires et les pousser à la faute. Car à chaque erreur le fautif sera sanctionné en héritant de toutes les cartes posées sur la table…