Jaipur

Il faut qu’on s’y fasse, nous nous hypercapitalisons un peu plus chaque jour, et seul l’argent représente un critère de sélection, de choix et de réussite de nos jours. Du coup, pour être le marchand préféré du Maharaja, il faut être le marchand le plus riche. Du moins plus riche que le méchant marchand qui est assis en face de nous, là, et qui veut lui aussi tout faire pour être le plus riche, et avoir les faveurs du Maharaja…

La boite est plutôt jolie, illustrées des dessins colorés d’Alexandre Roche. Dans la boite, un agréable rangement pile-poil adapté pour les cartes et les jetons. Il y a donc, vous l’aurez compris, des cartes et des jetons. Les cartes représentent des chameaux ou des marchandises (étoffes, or, argent, diamants, épices…). Les jetons sont de plusieurs sortes: certains correspondent aux marchandises (avec des nombres de points différents), d’autres aux bonus, un au bonus « chameaux » et les autres sont les sceaux d’excellence. Le matériel est assez conséquent pour un jeu de ce gabarit, et de très belle facture, que ce soit au niveau des cartes ou des jetons. l’ensemble est très agréable à manipuler.

En début de partie, on dispose les six séries de jetons « marchandises » par catégories, en cascade (avec ceux aux valeurs les plus importantes devant). On fait aussi trois tas des jetons « bonus » selon leur type (« trois », « quatre » ou « cinq »). on dispose cinq cartes faces visibles au milieu de la table (dont trois chameaux), constituant la zone de marché. Cette zone est toujours pourvue de cinq cartes, marchandises ou chameaux. Le reste des cartes constitue la pioche. Et on distribue cinq cartes à chaque joueur.

Les joueurs gardent en main leurs marchandises, laissent brouter leurs chameaux dans leur enclos, devant eux sur la table. A chaque tour de jeu on peut soit prendre des cartes du marché selon des règles précises, soit vendre des marchandises pour gagner des jetons. On ne peut vendre en un tour qu’un type de marchandise, mais plus on vend de cartes de cette marchandise, plus on a de chances de gagner un jeton bonus. De même, les premiers jetons de chaque type de marchandise sont ceux aux valeurs les plus importantes. Et évidemment, certaines marchandises sont prestigieuses, comme l’argent, l’or ou encore mieux, les diamants, et rapportent un max de roupies. Au contraire, les tapis ou les épices, bof bof… Mais il y en a plus! Il y a donc un délicat équilibre à trouver pour sortit son chameau du désert!

Ha oui, tiens, et les chameaux, alors?… Et bien quand on choisit de prendre des cartes « chameaux » au marché, on prend toutes celles disponibles et on les fait rejoindre les chameaux qu’on possède déjà dans notre enclos, pour qu’ils puissent blatérer ensemble joyeusement sur les derniers couvre-bosse à la mode. Et à la fin de la partie, celui qui a le plus gros enclos remporte le jeton bonus de cinq points. De plus, notre enclos de chameaux peut nous servir de « réserve d’échange », car lorsqu’on souhaite prendre plusieurs cartes marchandises au marché, il nous faut les échanger avec des cartes de notre main et/ou de notre enclos. Il est parfois très contrariant de se débarrasser ainsi de marchandises qu’on avait souhaité accumuler pour faire une belle série, et donc on préfèrera se défausser de chameaux de notre enclos, qui de toutes façons ne s’entendaient pas tous ensemble…

La partie se termine lorsque le marché n’est plus alimentable par des cartes de la pioche ou lorsque trois séries de jetons ont été épuisées. Alors chacun compte ses roupies, et celui qui en a le plus gagne un sceau d’excellence, et celui qui gagne deux sceaux emporte la partie.

Les bons jeux à deux ne sont plus un objet rare comme il put être, et Jaipur contribue assurément à ce mouvement! D’abord il est très joli, avec pas mal de matériel pour un jeu qui reste un « petit jeu ». Les cartes comme les jetons sont très colorés, avec un trait pourtant très simple. Les règles s’assimilent très rapidement, le jeu une fois mis en place, et les parties sont très rapides. Mais sa force réside dans sa mécanique. dans l’équilibre de sa mécanique. Rien de révolutionnaire, d’inédit ou de nouveau, et pourtant un plaisir de jeu et une fluidité remarquables. Les multiples niveaux de jeux, faisant intervenir plusieurs paramètres (chameaux, système vente ou prise de cartes, jetons classés…), sont parfaitement interconnectés et rendent l’ensemble très homogène. Bref, en un mot, un excellent équilibre!

0 réponses
  1. annie
    annie says:

    c’est un petit jeu attirant par ses couleurs, son format, et son contenu, les règles sont simples, les parties rapides s’enchainent avec plaisir et permettent de passer un bon moment sans se prendre la tete, ça me convient tout à fait!

Répondre

Vous souhaitez vous joindre à la discussion ?
N'hésitez pas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>